Gabon : la course au pouvoir est lancée
La présidente par intérim Rose Francine Rogombé a officiellement ouvert la campagne électorale samedi dernier.
Libreville, la capitale gabonaise vibre au rythme de la campagne présidentielle depuis samedi dernier. La présidente par intérim, Rose Francine Rogombé en a donné le coup d’envoi par un discours officiel vendredi soir sur les antennes de la radio et de la télévision nationale gabonaise. Pendant deux semaines, les vingt-trois candidats en lice devront convaincre les électeurs de voter pour eux le 30 août prochain. Dans son propos, Rose Francine Rogombé a appelé les Gabonais à faire preuve de fraternité au cours de cette campagne. Et pour garantir la neutralité des élections, elle a déchargé de ses fonctions le ministre de la Défense, Ali Bongo qui jusque-là avait refusé de démissionner. Le candidat du parti démocratique gabonais (PDG) parti au pouvoir a d’ailleurs lancé sa campagne hier en tenant son premier meeting dans la capitale gabonaise. Samedi le PDG a annoncé avoir exclu six candidats issus de ses rangs lors d’une réunion du bureau tenue la veille. Les candidats des autres formations politiques multiplient aussi déjà les opérations de charme dans les quartiers de Libreville ou à l’intérieur du pays, afin de séduire les électeurs.
Le lancement de la campagne électorale intervient alors que quatorze candidats de l’opposition ont demandé la semaine dernière que le scrutin soit reporté de trois mois. Ils estiment ce délai nécessaire pour permettre d’établir les listes d'électeurs et préparer les bureaux de vote. « La campagne présidentielle s'ouvre avec une liste d'1,2 million d'électeurs alors que nous ne sommes qu'1,5 million d'habitants au Gabon. Le "toilettage" indispensable avant chaque élection n'a pas été fait ; vous imaginez la suite des évènements», s’est plaint Pierre Mamboundou, président de l'Union du peuple gabonais (UPG). Mais la cour constitutionnelle n'a pas encore répondu à cette requête. Et alors que tout semble parti pour les élections le 30 août prochain, Bruno Ben Moubamba, l’un des candidats à la présidentielle, a lancé sa campagne par une grève de la faim samedi.
Synthèse de Hugues Marcel TCHOUA
-Rose Francine Rogombé : pour une campagne dans le calme et la sérénité.