« Plus de la moitié des benskineurs n’ont pas de carte nationale d’identité »
Edmond Gustave Mbo Essam., président du Syndicat national de propriétaires et conducteurs de moto (SYNAMOTAC) pour le département de l’Océan.
Comment se porte la profession de benskineur à Kribi ?
Plutôt bien, puisque les gens qui exercent cette profession ne se plaignent pas. Ils ont de quoi vivre. Mais ils sont un peu embêtés parce qu’eux-mêmes ne veulent pas se mettre en règle.
Pourquoi ne veulent-ils pas se mettre en règle ?
C’est une question de mentalité. La plupart d’entre eux ne veulent pas comprendre qu’ils doivent être utiles à leur nation, que tout propriétaire de moto a des obligations en termes de taxes, impôt libératoire, assurance. Tout benskineur doit être formé parce qu’il va porter autrui. Il doit souscrire une assurance pour être couvert en cas d’accident. Il doit respecter les lois et codes de la route. Mais ici, 90 % des motos taximen sont d’accord pour que sévisse l’anarchie. Et plusieurs d’entre eux trouvent que je leur mets les bâtons dans les roues parce que je les appelle à respecter l’éthique et la réglementation en vigueur. Au départ, certains avaient commencé à se conformer. Seulement, les anticonformistes ont encore rallié tout le monde au point où à toute tentative de régulation du secteur, ils veulent répondre par l’émeute.
Pourquoi s’entêtent-ils à rester dans l’anarchie ?
Ils se rebellent à cause des tracasseries policières. Les benskineurs qui sont en règle sont traités de la même façon que ceux qui ne le sont pas. C’est pourquoi ils ont jugé bon de ne plus se donner la peine de se conformer. En plus, une nouvelle forme de magouille se développe. Elle consiste pour des policiers à mettre leurs noms sur certains engins pour permettre aux conducteurs de passer les barrières de contrôle sans être inquiétés. Ce qui ne permet pas de respecter le décret du premier ministre. La police doit nous aider dans ce combat, en encourageant ceux qui ont les papiers.
Que suggérez vous pour résoudre définitivement le problème
La solution devrait venir des autorités qui ont peur. On ne peut pas faire d’omelettes sans casser des œufs. Mois je prends des risques. En tant que président du syndicat je devrais à tort ou à raison, défendre nos gens. Mais ça ne veut pas dire que nous n’allons pas les éduquer. Nous devons pouvoir recycler, éduquer nos membres, pour qu’ils sachent ce qu’ils doivent apporter à la société. Si l’autorité commence à craindre et estime qu’il va y avoir un soulèvement, je pense que ce n’est pas bien. En 2008, il a été décidé que les motos à titre onéreux, doivent avoir un permis de conduire, faire la visite technique, payer la patente. Et que les conducteurs doivent avoir la capacité. Mais plus de la moitié de motos taximen n’ont même pas de carte nationale d’identité. Alors il est plus que temps de frapper du point sur la table pour mettre un terme à ce désordre.
Hugues Marcel TCHOUA et Errol NGAGOM (Stagiaire)
- Edmond Gustave Mbo Essam : « Il est temps de mettre un terme au désordre. »