Comités de vigilence: d'utilité … pudique
Malgré l’encadrement et la caution de l’autorité administrative, les comités souffrent du manque de reconnaissance des populations.
C’est la principale difficulté des membres des comités de vigilance. Leur utilité est très souvent loin d’être reconnue par les populations. Ces dernières sont réticentes à financer leur dévouement nocturne. Et cette précarité serait à l’origine de la recrudescence de la criminalité constatée depuis peu dans les quartiers de Yaoundé. « Ces enfants font ce qu’ils peuvent avec des fortunes diverses. Ils n’ont même pas de quoi prendre une tasse de café le matin pour reprendre des forces après avoir veillé toute la nuit », signale Martin Locko Motassi, sous-préfet de Yaoundé 3e. Ces comités, à son avis, sont des unités d’alerte mises sur pied pour pallier la carence en personnel des forces de sécurité régulières. Ils ont la charge d’identifier ceux qui entrent et qui sortent des quartiers ainsi surveillés à certaines heures avancées de la nuit. Leur engagement a souvent permis de dénicher et de démanteler des gangs de malfrats. Ils devraient de ce fait, selon Martin Locko Motassi, mériter une plus grande attention de la part des habitants. Mais ce n’est pas le cas. Conséquence : « Le comité reste sur le papier mais n’est pas opérationnel. » Pire, les membres des comités de surveillance passent parfois de l’autre côté et n’hésitent pas à agresser certains citoyens. Martin Locko Motassi de préciser toutefois qu’aucune plainte de cette nature n’a jamais été enregistrée dans son institution. « Au contraire, les membres du comité de vigilance m’appellent plutôt pour signaler le refus de certains habitants de se faire identifier à leur entrée dans les quartiers. Pourtant, ils ne demandent qu’à s’assurer s’ils sont du quartier et à les raccompagner jusqu’à leur domicile pour les protéger », ajoute le sous-préfet.
Le mode de création des comités de vigilance devrait rassurer les populations quant à leur crédibilité. En effet, ils sont mis sur pied par l’autorité administrative, en collaboration avec le chef de quartier qui procède au préalable à une enquête de moralité et jauge la compétence des jeunes qui constituent ces comités. Dans leur fonctionnement, ils sont encadrés par le sous-préfet, les chefs de quartier ou de bloc et par les forces de maintien de l’ordre qui leur apportent un soutien technique. Leur création entre dans le cadre de la mission générale de protection des hommes et des biens dévolue à l’autorité administrative.
Hugues Marcel TCHOUA