Efficacité des préservatifs: le doute qui vient de la diversité des prix
La présence en grand nombre de cet outil de protection contre le Vih/sida sur le marché laisse planer un soupçon de faux.
« Les accidents de parcours, ça m’arrive souvent. Le préservatif se déchire assez souvent pendant l’amour. » Fabrice, étudiant de médecine vétérinaire de l’université de Ngaoundéré en congé à Yaoundé nous raconte ses mésaventures avec une pointe de soulagement, fier que quelqu’un s’attaque enfin à un problème auquel il a toujours fait face seul et en silence. Son cas est loin d’être isolé. On a tous été victimes au moins une fois de l’éclatement du préservatif. Victimes de la perplexité immédiate que cet accident engendre. Perplexité qui se transforme en tourments qu’on doit porter jusqu’au jour où l’on reçoit les résultats négatifs d’un nouveau test, trois mois environ après. Toujours selon Fabrice, cette longue période douloureuse peut pourtant être évitée. « Je me suis rendu compte que cette déchirure est surtout liée à la proximité du produit de la date de péremption. Lorsqu’on est à deux mois ou mois de ladite date, on a moins de chance qu’il résiste à l’intensité du coït. Depuis peu, je choisis des condoms dont la date de péremption est éloignée et je m’essaye de bien les enfiler.»
Pour Parfait Ekani, artiste lyrique, tout dépend de la façon d’utiliser le préservatif. « Il y en a qui mettent trop de temps. Or, je suis sûr que la matière qui constitue le préservatif n’est pas conçue pour résister aux frottements pendant longtemps. Je crois qu’il faudrait aussi préciser cela aux gens », indique t-il. Mais il semble ignorer que le mauvais entreposage de ces marchandises dans les marchés par les vendeurs, est de nature à détériorer les préservatifs. A l’Association camerounaise pour le marketing social (ACMS), l’on est pourtant catégorique quant à la qualité des produits mis sur le marché: « Chaque lot de nos préservatifs (Prudence plus et Protective, ndlr) sont testés et certifiés par le Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d'expertise du Cameroun (LANACOME) avant leur mise en vente. C’est si strict que nous nous avons eu à brûler des cartons de condoms jugés non conformes », révèle une employée qui a requis l’anonymat.
Toutefois, à en croire un responsable du Centre Pasteur du Cameroun, il existerait sur le marché camerounais des préservatifs à la qualité peu garantie. Une position que partage Ismaël Ouété, responsable de l’exploitation à la pharmacie provinciale. « Depuis la période des vacances scolaires, des jeunes vendeurs ambulants proposent des marques différentes de préservatifs qui n’ont aucune traçabilité. Ceux-ci sont épais et les lubrifiants ne semblent pas respecter les normes. Nous avons même reçus un couple dont la femme a eu une irritation à cause de ces préservatifs. Pourtant, les condoms doivent avoir une innocuité totale », signale t-il, avant d’émettre quelques recommandations : « C’est mieux de se tourner vers les préservatifs testés comme ceux vendus dans les officines. Le préservatif c’est la taille, l’épaisseur. Les plus fins et les plus gros coûtent plus chers C’est aussi la senteur.» Les prix du trio de cet outil varient entre 250 F à 7000 Fcfa.
Hugues Marcel TCHOUA
-Préservatifs : présents en quantité, mais pas toujours en qualité.