Des préservatifs suspects sur le marché

Publié le par tchoua

Ces condoms aux marques peu connues et sans certifications circulent depuis quelques mois dans la capitale.

 

« 100 Fcfa les préservatifs.» Ce refrain, Hyppolite le répète à tue-tête à longueur de journée à la Poste centrale de Yaoundé. Tout en guettant l’arrivée des agents des forces de l’ordre qui répriment la vente sur les trottoirs, il vend des préservatifs à même le sol. Dans ses mains, un petit carton de ces outils de protection contre le Vih/sida d’une marque peu répandue. Son collègue, Thierry, tout près de lui, possède dans un plateau des marques, également rares et une autre à l’emballage dépourvu de toute inscription. Les deux jeunes hommes, comme beaucoup d’autres, écoulent leurs produits sans se soucier de leur provenance et de leur qualité. Ce qui importe pour eux c’est que « les clients aiment beaucoup ces préservatifs. Ils disent qu’ils sont plus fins. Qu’on ne se sent pas chaussé lorsqu’on les met », lance Hyppolite.

Rendus chez le fournisseur d’Hyppolite au secteur alimentation du Marché central, ce grossiste nie toute implication dans l’approvisionnement des vendeurs ambulants en ce qui concerne ces nouveaux préservatifs. « Je ne vend que la marque Prudence plus. Les autres marques sont d’origine frauduleuse. C’est pourquoi les grossistes les vendent dans la clandestinité. »

La plupart de ces faux préservatifs ont fait leur apparition dans les rues et marchés de Yaoundé il y a quelques mois, au début de la période des vacances scolaires « Ces jeunes vendeurs ambulants proposent des marques différentes de préservatifs qui n’ont aucune traçabilité. Ceux-ci sont plus épais et les lubrifiants ne semblent pas respecter les normes. Nous avons même reçu un couple dont la femme a eu une irritation à cause de ces préservatifs. Pourtant, les condoms doivent avoir une innocuité totale », déclare Ismaël Ouété, responsable de l’exploitation à la pharmacie provinciale. Un responsable du Centre Pasteur du Cameroun est d’avis que des préservatifs de mauvaise qualité circulent sur le marché camerounais. Pour Ismaël Ouété, le mieux est de se tourner vers les préservatifs testés et reconnus conformes comme ceux vendus dans les officines.

Hugues Marcel TCHOUA

-Préservatifs : disponibles en quantité, mais pas toujours en qualité.

 

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