Stress: couteau à double… tranchant
Les effets collatéraux du stress en famille et en milieu de travail peuvent s’avérer dangereux si rien n’est fait.
Le stress au travail peut tuer. C’est connu. Et alors que la mort d’un 24e employé à France Télécom alimente la chronique, on ne peut se permettre d’en douter. Surtout qu’entre les tropiques, le phénomène existe, dans des proportions toutes aussi criantes, de l’avis du Dr Jean Calvin Naoussi Sadeu, directeur de la Santé et sécurité au travail du au ministère du Travail et de la Sécurité sociale : « Nous travaillons avec des médecins de travail et d’entreprises qui nous font régulièrement des rapports d’activité. Ils enregistrent de nombreuses plaintes des travailleurs, surtout dans les régions. Et du fait qu’il n’y ait pas un examen de stress à proprement parler, beaucoup de personnes souffrent et meurent même inconsciemment de cette situation de travail.»
Le contexte du travailleur camerounais est propice au mal. Avec la récession économique, l’inadéquation entre les ressources humaines et les tâches en entreprise laisse apparaître une pressurisation du travailleur. Les conséquences sur les ouvriers sont de deux ordres : « on a le stress aigu, plus fréquent ; le stress chronique, plus grave, qui se manifeste par des troubles physiques et comportementaux pouvant aller des troubles du sommeil au suicide», ajoute Jean Calvin Naoussi Sadeu. Dans tous les cas, le stress engendre un malaise professionnel et a des conséquences humaines et économiques importantes qui ne profitent ni aux employés, ni aux patrons. « Le stress s’accompagne d’une baisse de la capacité mentale et physique du salarié, donc de son rendement. Et parfois, on assiste aussi à l’absentéisme, à la baisse de productivité ou à des accidents du travail fréquents. De plus, il influe sur la personnalité de l’individu, qui devient parfois grincheux, acariâtre, impoli… autant de fléaux qui débouchent sur des tensions en milieu de travail », ajoute le directeur de la Santé et sécurité au travail. Ces conséquences pourraient pourtant être évitées par une bonne organisation du travail.
La cellule familiale n’est pas épargnée par le phénomène. Les conséquences du stress au travail se vivent au quotidien dans les ménages. Un mari qui, bat sa femme, lui inflige des menaces de toutes sortes et vice versa, un autre qui trouve en la bière un exutoire, voila des effets bien familiers du stress. Il s’ensuit un mélange de peur et d’angoisse, une frustration des autres membres de la cellule familiale. Chaque fois, la victime cherche une réponse à la situation stressante qu’elle vit. Et très souvent, elle est souvent toute trouvée : la violence. « Le stress engendre les bagarres, des révoltes, et divers troubles dans le quotidien des familles. C’est si fréquent que les problèmes des familles peuvent se résumer à des situations de stress », révèle Pierre Marie Akeum, inspecteur principal hors échelle à la direction du bien-être de la famille au ministère de la Promotion de la femme et de la Famille. Parfois, la victime réagit par un repli sur soi, une perte d’estime, un manque de confiance qui peut déboucher sur un suicide.
Hugues Marcel TCHOUA
- Parfois on en peut plus.