Langages de corps au Ccf
Un spectacle de danse contemporaine y a été donné mardi par le Réseau Af-Art Culture.
Ils étaient six, sur la scène du Centre culturel François Villon mardi dernier. Les meilleurs danseurs retenus à l’issue du stage de danse contemporaine de huit jours ayant réuni plus de 30 participants sous l’encadrement de deux chorégraphes israéliens. Avant-hier donc, à l’occasion de la clôture de ce stage, ces danseurs ont donné un spectacle de restitution. Une chorégraphie composée des éléments de danse acquis tout au long du stage, et de leurs touches personnelles.
Tout a commencé à 18h30, dans la salle sombre du Ccf, par un silence. Puis, le plus géant du groupe est apparu sur scène, pour un monologue gestuel. Une voix s’est fait entendre peu après, suivie d’un chant, livré en chœur par les danseurs, tous de noir vêtus, arrivant successivement sur scène. La suite a été un enchevêtrement de gestes du corps, tantôt libres, tantôt synchronisés, en solo, à deux, à trois et parfois tous ensemble. Des mouvements tantôt lents, tantôt rapides, lourds de sens et renvoyant tantôt à la folie, à l’amour, à la colère. Le tout, accompagné des variations de lumière des projecteurs, de la musique, occidentale, hindoue et des bruits divers rajoutant à la signification des pas de danse.
Du côté du public, admiratif, un silence. Les quatre danseurs et les deux danseuses, corps brillants de sueur, sous l’effet des feux des projecteurs, n’ont pas permis aux spectateurs de cligner de l’œil. Mais il a fallu attendre la fin des 45 minutes de danse, pour apprendre la signification profonde de cette animation intitulée « Ecoute derrière toi. » « Ces chorégraphies traitent surtout de la mort, mais aussi de la guerre, de la peur, de l’espérance. Il s’agit d’un défunt qui ne veut pas accepter qu’il est mort et qui voudrait bien revenir au milieu des vivants comme les fantômes qui sont toujours au millenium des gens sans que ceux-ci les voient », a expliqué à CT Michelle Nkompe, l’une des danseuses.
Le spectacle a ravi les personnalités présentes, au rang desquelles l’actuel chef de la mission diplomatique israélienne au Cameroun, partenaire de l’événement. Etaient aussi présents le représentant du ministre de la Culture, le délégué régional pour le Centre du Mincult ainsi que de nombreux expatriés. Annie Tchawack, directrice du Réseau Af-Art Culture, s’est dite heureuse de la prestation de ces jeunes danseuses : «Je suis très satisfaite. C’est un travail de 10 jours ! Si on peut avoir une telle homogénéité, je crois que l’objectif est atteint.» Elle a ensuite donné rendez-vous au public du 9 au 24 octobre prochain pour la seconde édition des rencontres chorégraphiques de Yaoundé dénommées « Corps é gestes », toujours au Ccf.
Hugues Marcel TCHOUA
Les acteurs du show.